La levée de fonds n’est pas une étape obligatoire, mais souvent vue comme accélératrice. Elle comprend des phases qu’il faut maitriser avant de se lancer dedans, au risque de prendre des engagements irresponsables, de perdre plus de pouvoirs et/ou d’avoir une position plus faible en interne.

Une levée de fonds débute fréquemment par des comptes ou la présentation de comptes avantageux qui permettent à l’entrepreneur de penser pouvoir prétendre à une certaine valorisation. Or, la réalité est plus subtile que ça et c’est bien l’ensemble de ce qui compose l’entreprise qui importe :

         D’abord, les investisseurs regardent les équipes qui vont mettre en œuvre le projet. L’aspect humain est fondamental et la plupart des décisions se jouent à ce stade ;

         Ensuite et seulement ensuite, les autres aspects sont étudiés, au premier chef duquel la nature du projet / produit / service proposé. La maturité de la réflexion sur le projet, le positionnement sur le marché, le caractère disruptif, la zone et la masse de chalandise sont autant de points étudiés par les investisseurs ;

         Mais ce n’est pas tout. L’aspect juridique arrive rapidement dans le raisonnement des investisseurs :

o   Est-ce que la société est « bien tenue » (A-t-on tous les PV d’AG ? Les contrats clients signés ? Les contrats de travail ?) ?

o   Y a-t-il des contentieux ou pré-contentieux ?

o   La propriété intellectuelle est-elle sécurisée ?

o   Le contrat type avec les clients est-il bien rédigé (en d’autres termes, le chiffre d’affaires est-il sécurisé ?) ?

o   La société est-elle conforme aux aspects compliance (GDPR, Sapin 2 le cas échéant) ?

Contrairement à une croyance très répandue, ces questions ne sont pas des détails d’une négociation de levée de fonds, mais tout autant des éléments de no-go ou de baisse de valorisation.

Il suffit qu’une entreprise dans la data ne soit pas conforme au GDPR pour que les investisseurs stoppent le processus; Ou qu’une société ait un contrat client type mal rédigé pour que la valorisation soit baissée de 20%. Ces cas, très fréquents, sont trop peu connus des entrepreneurs.

En conséquence, il est conseillé de bien prendre en compte l’ensemble des éléments étudiés par les investisseurs avant de se lancer dans une telle opération.